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Io Sono Li (2011)

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3 min. and 55 sec.
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Après sa présentation à la 68ème Mostra de Venise, dans la section indépendante Venice Days, La Petite Venise, écrit et réalisé par Andrea Segre, est sorti dans les cinémas italiens en septembre 2011, puis dans de nombreux autres pays européens, dont la France et l’Espagne.

Le film raconte l’histoire de Shun Li, une immigrée chinoise en Italie qui doit travailler très dur dans une usine de textile pour obtenir les documents nécessaires à faire venir son fils en Italie.

La Petite Venise a remporté trois prix à Venise, notamment le Prix FEDIC (Fédération italienne des ciné-clubs) “pour l’originalité de son histoire, qui louvoie avec habileté entre la fiction et le documentaire et peint un tableau authentique et convainquant de la réalité actuelle”.

Le travail d’Andrea Segre, souvent sous le feu des projecteurs à Venise depuis le récit africain Dio era un musicista (Dieu était musicien, 2005), tourne autour de la question de plus en plus brûlante de la marginalisation de certaines populations et de l’appréhension de leur spécificité ethnique à travers l’observation de la manière dont elle se heurte avec les différents aspects de la société d’accueil.

En 1998, son premier documentaire, Lo sterminio dei popoli zingari (litt. “l’extermination des peuples tsiganes), comme son deuxième dix ans après, Come un uomo sulla terra (litt. “comme un homme sur terre”), évoquait les expériences et les souffrances des migrants en route pour l’Europe. Sans oublier Il sangue verde (litt. “le sang vert”) qui reconstruit les affrontements de Rosarno, en Calabre : en janvier 2010, des centaines d’immigrants ont manifesté dans les rues contre la discrimination et les conditions de vie misérables qui leur sont imposées, brûlant des véhicules et se battant contre la police.

La Petite Venise marque les premiers pas de Segre dans la fiction, mais on retrouve dans ce film sa sensibilité de documentariste, notamment dans son style photographique, qui s’attache à exploiter la profondeur et la complexité des lieux authentiques où se déroule l’intrigue. Cette détermination à reproduire la réalité sociale est évidente dans le choix du troquet où travaille l’héroïne du film, Shun Li : il s’agit de l’Osteria Paradiso de Chioggia, dans la lagune vénitienne, un établissement fréquenté par les pêcheurs qui a inspiré la rencontre qui est au centre de l’histoire, et qui est véritablement géré par des immigrants chinois. Comme Segre le souligne : “Le film s’inspire d’une histoire vraie, d’une vraie rencontre avec une Chinoise qui travaillait derrière le comptoir d’une taverne fréquentée par les pêcheurs de Chioggia. Je me suis demandé : ‘Quel genre de relations pourrait-elle bien établir dans une région comme la mienne, aussi inaccoutumée aux changements ? À partir d’une rencontre réelle, j’ai eu l’idée de romancer l’histoire”.

Depuis La Petite Venise, Andrea Segre a fait en 2013 un documentaire intitulé Indebito (litt. “dette indue) qui reste dans la lignée de ses thèmes de prédilection et de son approche poétique : en suivant la tournée du musicien italien Vinicio Capossella en Grèce, il propose une analyse passionnée de la culture et de la société grecques en ces temps de crise économique. Le long-métrage de fiction La prima neve (litt. “la première neige”), sorti lui aussi en 2013, suit un Togolais qui émigre vers l’Italie, s’installe dans une région montagnarde et tisse des liens forts avec les autochtones. Pour commémorer, un an après, le tragique naufrage survenu en octobre 2013 près des côtes de Lampedusa, causant la mort de 366 migrants, Segre a dévoilé Come il peso dell’acqua (litt. “comme le poids de l’eau”).

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