Cinéma du Réel

Hendrick Dusollier – Derniers jours à Shibati #Cinemadureel2017

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9 min. and 11 sec.

L’extinction d’un quartier et d’une communauté de Chine vue de l’intérieur, par un étranger silencieux

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PODCAST | Bénédicte Prot avec Hendrick Dusollier, réalisateur de Derniers jours à Shibati.

Pour écouter l’entretien, cliquer sur l’icône ► sur la droite, juste au-dessus de la photo

Dusollier revient sur l’élan qui l’a conduit in extremis jusqu’au quartier de Shibati avant son effacement complet, pour en être le témoin, et sur l’accueil que lui a fait cette attachante communauté humaine en sursis, avant l’arrachement, le déracinement, qui est le sujet profond du film. Le baroudeur-filmeur solitaire, conscient de l’intérêt de sa position de visiteur étranger dans sa démarche de rencontre et de témoignage, évoque les portes que lui a ouvertes, paradoxalement, le fait de ne pas comprendre la langue des formidables personnages qui le guident (et le fait qu’ils le sachent), mais au-delà du dispositif et de l’importante mission de sauvegarde anthropologique, ce que transmet le réalisateur, par ses propos comme dans son film, c’est quelque chose d’universel, d’humain et de touchant, une connivence qui se passe des mots, un sentiment particulier, le même sans doute qui fait qu’on ne peut s’empêcher de sourire, heureux, quand la petite grand-mère “Facteur Cheval” de Shibati dit à Hendrick/”Hen-duike” la joie qu’elle sent à l’idée qu’à travers ce film qu’il fait, elle va pouvoir voyager avec lui jusqu’en France.

Derniers jours à Shibati: après le court métrage encensé Obras (2005), sur la disparition d’un quartier de Barcelone, les récits chinois Babel (2010) et Laowai, l’étranger (2010), et le documentaire d’Histoire Dictateurs, Hendrick Dusollier retrouve ses sujets de prédilection en s’immergeant en observateur silencieux, de derrière la barrière de la langue, dans un quartier-bidonville de la mégalopole de Chongqing, dernier fragment d’une ville engloutie en quelques années par une urbanisation galopante, dont l’existence est condamnée. Sur deux ans, à intervalles de six mois, le Français à la caméra, devenu “Hen-duike” l’ami d’ailleurs, assiste au démantèlement d’une communauté, guidé par le regard d’un garçonnet débrouillard et d’une petite grand-mère à la vitalité précieuse, elle aussi en voie de disparition, qui de vestiges trouvés fait de joyeux jardins multicolores.

  • Reporter
    Bénédicte Prot
  • Guest
    Hendrick Dusollier
  • Interviewee role
    réalisateur
  • Film title
    Derniers jours à Shibati
  • Festival section
    Compétition française
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