“Soumsoum, la nuit des astres”, présenté en compétition officielle au Festival de Berlin 2026, capte l’essence d’un monde où le surnaturel et les traditions millénaires s’entrelacent. Le film raconte l’histoire d’une amitié entre deux femmes, en toile de fond d’un village du Tchad, où croyances ancestrales côtoient la modernité. Réalisateur Mahamat-Saleh Haroun dépeint avec authenticité la coexistence de ces univers, souvent mystérieux et imprévisibles, qui marquent la vie quotidienne des habitants.
Les enjeux sociaux et spirituels du film
Le film met en lumière la lutte contre l’exclusion dans une société patriarcale, où les femmes, perçues comme porteuses de traditions, jouent un rôle clé. La protagoniste, qui possède des pouvoirs invisibles, incarne une résistance silencieuse face à l’oubli et à l’effacement des légendes ancestrales, souvent bannies par l’arrivée des religions révélées. La réalisatrice souligne également la peur du pouvoir face à l’invisible, illustrée par l’importance du surnaturel dans la vie et la mort.
Une célébration du lien entre nature et croyance
Les paysages envoûtants du site classé à l’UNESCO nourrissent une atmosphère magique, où montagnes et rochers deviennent des parties intégrantes des croyances populaires. La nature elle-même apparaît comme un témoin silencieux de traditions ancestrales, renforçant l’idée que le film est aussi l’évocation d’un équilibre fragile entre l’homme, la nature et le spirituel.
“Soumsoum, la nuit des astres” offre une lecture profonde des croyances et de la culture tchadienne, tout en soulignant la puissance féminine comme vecteur de résistance et de transmission. Ce film résonne comme un appel à la préservation des traditions face au poids du changement et à l’oubli.
Plot
Kellou, 17 ans, s'est vu conférer des pouvoirs surnaturels qu'elle ne comprend pas. Troublée et hésitante quant à la manière de gérer ce don déconcertant, elle est envahie par le doute jusqu'au jour où son chemin croise celui d'Aya, une femme d'une quarantaine d'années. Cette rencontre va bouleverser le destin de chacune d'elles. Aya sait déjà que Kellou possède un pouvoir. Elle sait également que la mère de Kellou est morte en couches : Aya était présente pour l'assister lors de l'accouchement et a ainsi entendu les dernières paroles de la mourante. Alors que sa propre vie touche à sa fin, Aya, qui craint la disparition du monde mystique et panthéiste qu'elle partage avec Kellou, où le visible et l'invisible se confondent, confie à la jeune femme la mission de préserver ce monde.