Le film “Blaise”, présenté dans la section ACID au festival de Cannes, offre une plongée introspective dans l’univers d’un jeune homme en proie au malaise face au monde qui l’entoure. À travers une animation en 2D très frontale, le film met en scène des personnages détachés et légèrement décalés, reflétant leur isolement et leur difficulté à établir des relations. La technique de l’animation, mêlant réalisme photographique et esthétique minimaliste, renforce cette atmosphère à la fois étrange et captivante. On en a parlé avec les réalisateurs Dimitri Planchon et Jean Paul Guigue
Une narration visuelle empreinte de sobriété contemplative
Le choix d’une mise en scène contemplative, avec des cadres fixes et un rythme lent, permet d’observer en profondeur la vie intérieure des personnages. La réalisation repousse les frontières du réalisme, notamment à l’aide d’effets de collage sur les cheveux, illustrant leur aspect irréel. Les personnages vivent dans une sorte de bulle où ils tentent de maîtriser un dialogue qu’ils ne croient pas pouvoir contrôler, ce qui accentue le sentiment de distance avec le monde extérieur. La référence à des cinéastes comme Todd Solondz et Robert Bresson souligne la volonté du réalisme fragile et du hasard dans la narration.
Une technique d’animation unique pour une expérience sensorielle
La création graphique combine photographie et animation pour donner un aspect à la fois statique et mouvant, renforçant le malaise et la distorsion du réel. Le souci du détail, notamment au niveau des cheveux qui restent immobiles mais réalisés avec précision à partir de coiffures réelles, accentue la nature surréaliste du film. “Blaise” se démarque ainsi par sa capacité à représenter un monde intérieur complexe, tout en offrant une expérience visuelle intense et originale. “Blaise” invite à réfléchir sur la difficulté d’être soi-même dans un monde étranger, tout en innovant par une esthétique au croisement de la photographie et de l’animation.
Plot
La famille Sauvage aimerait juste qu’on l’aime. Carole tente d’améliorer sa mauvaise réputation auprès de ses employés, Jacques la sienne auprès de ses amis. Quant à leur fils, Blaise, entraîné par une fille, il se lance poliment dans une croisade révolutionnaire et totalement improvisée.