Une œuvre frappante mêlant genre et réflexion sociale,”Sanguine“, la dernière réalisation de Marion Le Coroller, explore la déshumanisation dans le monde médical et au-delà. Inspirée par son expérience personnelle de burn-out, la réalisatrice utilise le body horror pour illustrer la pression extrême subie par les jeunes professionnels, notamment dans un hôpital devenu un miroir de la société capitaliste.
L’hôpital comme miroir de la société
Dans “Sanguine“, l’hôpital est dépeint comme un lieu où l’humain est réduit à une machine à profit. Marion Le Coroller souligne que ces établissements, aujourd’hui dirigés par des techniques de management et des indicateurs de performance, symbolisent la transformation de la société elle-même. La désolation, la froideur et la compétition qui y règnent illustrent la même logique de compétitivité et de déconnexion que l’on retrouve dans d’autres secteurs professionnels, voire dans le monde entier.
Une critique sociale par le genre
Le film dénonce aussi le traitement réservé à la jeunesse, souvent traitée comme une variable d’ajustement dans le monde du travail. La protagoniste, dont le corps se métamorphose sous la pression, incarne cette réaction violente à l’épuisement et à la perte d’humanité. Marion Le Coroller exprime que ce changement physique reflète le stress et la violence systémiques qui gangrènent la société moderne, faisant de “Sanguine” une œuvre à la fois horrifique et poignante.
Une esthétique stylisée
Côté stylistique, le film utilise des cadrages grands angles et une dominante de rouge, renforçant le sentiment d’aliénation. La réalisatrice s’inspire de Yorgos Lanthimos et Ari Aster pour insuffler humour noir et cynisme tout en maintenant une tension visuelle forte. Avec seulement 38 jours de tournage, “Sanguine” témoigne d’une intensité créative et d’un regard acéré sur la société contemporaine, affirmant le corps comme un terrain de lutte visuelle et politique.
Plot
Margot débute son internat aux urgences, où elle peine à s’adapter. Très vite, elle fait face à des patients de son âge aux symptômes inexpliqués. La récurrence de ces cas exceptionnels l’interroge, d’autant qu’elle observe, sur son propre corps, des manifestations de plus en plus inquiétantes…