Cannes aime Adèle Exarchopoulos, ça ne fait aucun secret. Depuis le moment originel de la Palme d’or reçue aux côtés d’Abdellatif Kechiche et de sa camarade et amie Léa Seydoux pour “La vie d’Adèle” en 2013, l’actrice française foule presque annuellement le tapis rouge qui recouvre les fameuses marches du Palais des Festivals. En cette 79e édition du Festival de Cannes 2026, c’est deux films qu’elle y accompagne : “Garance” de Jeanne Herry, sélectionné en compétition, où elle tient le rôle-titre, et le nouveau bijou de film choral de Christophe Honoré, “Mariage au goût d’orange”, projeté dans la section Cannes Première. Dans ce long-métrage dont l’action se déploie à Nantes en 1978, où le cinéaste, évoquant directement sa famille maternelle (en reprenant, joués par d’autres acteurs, notamment Paul Kircher, Vincent Lacoste, Nadia Tereszkiewicz, Alban Lenoir et Malou Khebizi, les personnages d’une pièce autobiographique à l’affiche en 2021, Le Ciel de Nantes) met en scène le mariage tumultueux et arrosé d’un des enfants d’une grande famille qui comprend l’hypersensible et semi-dépressive Claudie, une des sœurs du marié, dont l’interprétation a été confiée à Exarchopoulos. L’actrice dit avoir trouvé tout naturellement, entre la préparation du tournage et les Paris-Nantes en train, une belle alchimie avec les autres comédiens.
Sur cette première collaboration avec Christophe Honoré
“Je connaissais évidemment très bien le cinéma de Christophe Honoré, mais le scénario ressemblait beaucoup à une pièce de théâtre. Il avait quelque chose de presque indigeste, avec d’immenses didascalies, avec des enjeux, oui, mais on voyait qu’une grande place serait laissée à l’improvisation. J’ai appelé Vincent Lacoste, qui est un ami […], et il m’a dit ‘Fais-le, suis-moi ! C’est un immense metteur en scène !”, et ça s’est confirmé immédiatement, je n’ai absolument pas été déçue !”
Sur l’état dépressif de son personnage, la position des femmes et les violences au sein de la famille
“Je pense que sa dépression ne vient de nulle part, mais qu’elle fait partie de ces femmes qui avaient une forme de liberté et de désir trop forte pour l’époque, et qu’on a vite considérées comme dangereuses pour la société […], donc c’était assez facile pour moi de me projeter là-dedans. […] Après le sujet du film, c’est le traumatisme : toute cette famille a été maltraitée et toute cette famille est en train de reproduire le même schéma et de maltraiter que ce soit leur femmes, leurs enfants, leurs sœurs… C’est vrai que dans les années 70, les violences familiales étaient complètement banalisées, et celles sur le genre féminin aussi, et aujourd’hui on est à peine à l’aube d’un vrai questionnement sur la santé mentale, la charge mentale des femmes, leur place dans le foyer, les violences intra-familiales. Ça commence un peu à évoluer, mais je pense qu’il y a toujours des grandes réponses en attente qui devraient être plus politiques et institutionnelles.”
Un faible pour les seconds rôles
“J’adore les seconds rôles. Attention, j’adore aussi les premiers, mais je trouve qu’il y a une liberté et un besoin d’audace dans les seconds rôles – je pense notamment à “Mandibules”… En tant que public aussi : j’ai de grands souvenirs, ancrés, de seconds rôles qui m’ont vraiment bouleversée. […] C’est un peu comme dans la vie, les seconds rôles : c’est des gens qui sont de passage, mais qui te marquent au fer.”
Plot
La fratrie Puig comprend sept enfants. Et c’est aujourd’hui qu’on marie le petit dernier : Jacques.
Nous sommes en mars 1978 dans les faubourgs de Nantes. Le père n’assiste pas aux noces, il a été banni de la famille.
Les frères et les sœurs eux sont tous là, heureux de se retrouver. Jacques va épouser Martine. Entre eux deux, c’est un mariage d’amour.
Mais est-ce que l’amour peut sauver des blessures de l’enfance ?